En février, Johnny Hallyday entreprend une mini-tournée aux USA.

Début mars, Johnny se repose aux Antilles. Un reportage de ses vacances est publié dans Paris-Match, où le chanteur estime que ses prochaines chansons sont "très réussies et devraient beaucoup plaire au public".
Le 11 mars,  il donne un concert intimiste au Golf Drouot.
Le 13, il participe à un gala pour la lutte contre l'antisémitisme à l'Olympia, aux côtés de Michel Delpech, Michel Polnareff et Julien Clerc. Une sorte de spectacle des "enfoirés" avant l'heure.
Le 15 paraît un nouveau single : "Comme si je devais mourir demain", une chanson qui renoue avec la veine de "Que je t'aime", avec force violons et choeurs. En face B, la très folk "Hello USA" servira de bande originale pour le film de François Reichenbach, "J'ai tout donné", qui dévoile un coin de la vie intime de Johnny. Le moyen métrage a été tourné aux USA en janvier-février. On y voit le "clan" Hallyday, sa femme, son fils et sa maman. "Hello USA" est aussi le premier projet avec l'auteur-compositeur Michel Mallory, un Corse qui a déjà écrit quelques chansons pour Sylvie Vartan. C'est le début d'une longue collaboration qui durera près de dix ans.

On voit aussi Johnny apparaître dans un téléfilm de Jean-Marie Périer, aux côtés d'un nouvel ami, Gilbert Montagné, qui a triomphé l'an passé avec "The Fool". Il en sera ainsi désormais : à chaque fois qu'un nouvel artiste cartonne, Johnny se le met sous le coude. Une sorte de vampirisation qui lui évitera les déconvenues commerciales qu'il avait connues après son service militaire.

En mai, Johnny fait une brève apparition dans le film "Malpertuis" d'Orson Welles. Il est alors déguisé en matelot. Prélude aux galères à venir ? Le film "J'ai tout donné" est présenté hors compétition au Festival de Cannes.

En juin, le chanteur crée son propre label, J.H. Music. Il publie le 45T de sa choriste, Nanette Workman, débauchée l'année précédente de chez Joe Cocker. En face B, un duo "Apprendre à vivre ensemble" amplifie les rumeurs de flirt. C'est le début d'une année de brouille avec Sylvie Vartan.

Dans les salles, le film "L'aventure c'est l'aventure" se taille un joli succès populaire, confirmé depuis par ses multiples rediffusions à la télé.

Ce mois de juin voit aussi démarrer une tournée d'été ambitieuse : "Johnny Circus", probablement inspiré par le "Rock'n'Roll Circus" des Stones. En première partie, des danseurs, des numéros de cirque, le groupe progressif Ange, Tommy Browne en solo, son égérie Nanette Workman... 124 personnes au total, techniciens compris. Hallyday arrive généralement en Rolls blanche ou sur sa Harley Davidson. Le show du chanteur est largement basé sur les chansons du nouvel album qui paraît le 28 juin : "Country Folk rock", escorté par le 45T : "Rien ne vaut cette fille-là", qui joue dans l'esprit de "Sarah", avec le funky "Toi tu voles l'amour" en face B. Ce 33T contient de bonnes chansons (à noter, l'une des très rares collaborations d'Eddy Mitchell, "Comme un lion en hiver") et un son superbe, mais "Country Folk Rock", moins cohérent que son prédecesseur, déçoit par quelques errements regrettables. On y retrouve même une version en italien de "Essayez", rebaptisée pour l'occasion "E dio creo la donna" (Et dieu créa la femme). Malgré la présence d'excellents musiciens tels que le batteur de jazz Earl Palmer, le titre usurpe un peu le contenu et oublie "Variétés". Johnny veut trop en faire, visiblement. Le public décroche et la tournée "Johnny Circus" va vite tourner au fiasco. Certains soirs, le show a du mal à attirer plus de 150 personnes. L'échec va peser durablement sur la carrière du chanteur, qui ne pourra plus être en mesure de financer une grande scène pendant plusieurs années. On note par ailleurs la dernière collaboration de Micky Jones (compositeur de "Mon amour à Marie"), qui s'en va aux USA fonder le groupe Foreigner.

En septembre paraît le nouveau 45T extrait de l'album : le très folk "Ma main au feu", signé Mallory. En face B, une chanson sur la peine de mort, "Sauvez-moi", passera à peu près inaperçue mais sera le clou du spectacle "L'ange aux yeux de laser" sept ans plus tard.

En novembre, Johnny rejoint les Olympic Studios de Londres pour mettre en boîte de nouvelles chansons.

Le 22 paraît le 45 T "Avant", nostalgique, qui sera boudé pour sa face B : "Tu peux partir si tu le veux". Ces titres sont dévoilés à la télévision lors d'un show consacré à Jean-Marc Thibault. Hallyday les interprète en play-back, l'air absent. "Avant", joué en costume et noeud-pap', sonne curieusement comme du Claude François. L'auteur de "Comme d'habitude" triomphe il est vrai en France et porte de l'ombre au rocker. A tel point que celui-ci fait apparaître sur grand écran une cohorte de danseuses attifées comme des Clodettes pendant "Tu peux partir si tu le veux".

Pour couronner le tout, sa tante et mère adoptive Hélène Mar disparaît en décembre. Dans une émission télé diffusée en 2009 à l'occasion de la tournée d'adieu du chanteur, Michel Mallory se souvient de cette fin d'année comme difficile pour Johnny. "Il n'allait vraiment pas bien", dit-il.