En janvier 1984, Johnny Hallyday fait paraître un mini-album six titres, "En V.O.", entièrement chanté en  anglais. On y retrouve notamment une version en langue de Shakespeare du tube de Bashung "Vertige de l'amour", devenu "Casualty of love". Cette incursion rock va se poursuivre.

En février sont simultanément publiés deux nouveaux albums, "Drôle de métier" et "Spécial Enfants du Rock", bande-son de l'émission télé d'Antoine de Caunes, tournée à Nashville avec Carl Perkins, les Stray Cats ou encore Emmylou Harris. "Drôle de métier" est dans la lignée du précédent "Entre violence et violons", plusieurs chansons ayant été enregistrées lors des mêmes sessions, c'est-à-dire durant l'été 1983 à Nahsville. Des enregistrements complémentaires ont été réalisés au début de l'année, toujours à Nashville. Les deux disques, réunis dans le même coffret, "Nashville 84", seront par la suite commercialisés indépendamment, à deux mois d'intervalle au cours du printemps. L'effet est de donner un maximum de visibilité au chanteur.

nashville

En mars paraît le 45T extrait "Mon p'tit loup" (avec "Casualty of love" en face B), un rockabilly assez efficace. Il aura un meilleur écho commercial que le 45T suivant, la ballade "Drôle de Métier", paru fin mai (en face B, "Blues suede shoes", en duo avec Carl Perkins), où Johnny évoque pudiquement sa fille. On retrouve nettement la patte de Pierre Billon ici, avec une mélodie dans la lignée de "J'ai oublié de vivre" ou encore "Montpellier".

L'été se partage entre la radio et le cinéma. RTL affiche Hallyday dans sa grille de programmes, le chanteur y anime une émission sur l'épopée du rock. Il est aussi dirigé par Jean-Luc Godard dans le film "Détective", aux côtés de Nathalie Baye.

Cette parenthèse ciné contribue à modifier l'image d'Hallyday. Celui-ci sort en septembre un nouveau 45T : "Ne tuez pas la liberté", écrit par Philippe Labro et composé par le tandem Billon-Bouad, dont c'est la dernière collaboration. Où le chanteur reconnaît qu'"il n'a jamais su faire de belles phrases"... En face B, le rock "Rien à personne" s'inscrit en porte-à-faux : Hallyday devra beaucoup aux autres pour booster sa carrière qui piétine encore ici.

Le 25 octobre, Johnny dévoile son nouveau spectacle aux Parisiens. Il jouera dans la nouvelle salle du Zénith, jusqu'au 23 novembre, dans une mise en scène et en lumières dirigée par Elton Mac Koniko et Jacques Rouveyrollis, qui habille les shows de Michel Sardou. L'entrée en scène du chanteur, dans une main géante qui s'ouvre lentement, fera son effet. Mais c'est un show globalement plus dépouillé que les précédents qui révèle un Johnny plus fragile et humain. Sa maigreur, ses traits tirés et un répertoire essentiellement axé sur les titres récents, qui alternent rocks et ballades, font de ce show un spectacle un peu à part dans l'oeuvre scénique d'Hallyday. Pour la première fois, le chanteur reprend un titre d'un artiste du répertoire de la chanson française, avec un "Ne me quitte pas" de Brel particulièrement émouvant. Johnny l'interprète comme  s'il s'adressait à son public...

Le 12 novembre paraît le live du spectacle. Mais les fans découvrent qu'il s'agit en fait des répétitions du show, auxquelles on a rajouté les applaudissements. Immédiatement après paraît le live "Une heure au Zénith", cette fois-ci enregistré dans les conditions du spectacle, amputé de plusieurs titres. On y retrouve néanmoins des inédits tels que "Le coeur du rock'n'roll", une reprise de Huey Lewis, "Poing coeur" et "Je me sens si seul".

zenith84

Le 5 décembre paraît le 45T live "La garce", un inédit couplé à "Ne me quitte pas".

Le spectacle a plu particulièrement à Alain Lévy. Le nouveau PDG de Polygram (marque de Phillips en France) tient à redresser la carrière du chanteur, malmené depuis le début des années 1980. Il lui présente un certain Michel Berger, faiseur de tubes pour France Gall et tout auréolé du succès de Starmania encore. Berger va immédiatement proposer à Hallyday d'enregistrer une chanson qu'il lui a écrite sur-mesure. Le courant passe entre les deux chanteurs et l'essai va convaincre Lévy, qui donne son feu vert pour la réalisation d'un album clés en mains...