En janvier 1975, l'oncle de Johnny Hallyday, Lee Hallyday, est à Nashville pour préparer le nouvel album. Objectif : redorer l'image rock du chanteur, piégé par les ersatz de "Que je t'aime".

En février, le chanteur y enregistre de nouvelles chansons dans une ambiance plutôt déconcertante : "Les gars jouaient quand ils voulaient, ils nous ont fait payer leurs prestations plus cher que prévu, ils nous ont pris un peu pour des cons", dira-t-il. Des soirées mémorables sont toutefois organisées avec Carl Perkins et Jerry Lee Lewis.

Le 14 avril paraît le 45T "Hey lovely lady", une chanson country au rythme enlevé, qui fournira un succès d'été à Johnny (près de 500 000 exemplaires). En face B, "La fille de l'été dernier" est une adaptation réussie du "Summertime blues" d'Eddie Cochran.
C'est ce mois-là aussi que Johnny se balade en Italie en compagnie de son épouse. Ils fêtent leurs dix ans de mariage à Rome. Ils en profitent pour enregistrer dans la langue de Dante des versions de leurs chansons récentes, en solo ou en duo. Plusieurs passages télé sont aussi programmés.

En mai, Johnny connaît des problèmes avec le fisc. Il s'exile à Los Angeles, chez son ami Michel Polnareff, exilé pour les mêmes raisons.
Le 21 paraît l'album "Rock à Memphis", enregistré aux USA. C'est un excellent disque, et assurément le meilleur depuis "Flagrant Délit". On y retrouve un Johnny félin, aussi turbulent que fragile et parfois même un peu cocasse, dans des versions réussies de morceaux du patrimoine rock américain. Derrière, les musiciens assurent une cohérence sans faille : ça joue comme en 1955, on y retrouve même les choristes d'Elvis, les Jordanaires. Malheureusement, l'album ne contient pas de tube ("Hey lovely lady" n'y figure pas) et son succès public sera modeste.

memphis

La tournée d'été démarre fin juin. Elle prévoit de croiser celle de Sylvie Vartan à plusieurs reprises, comme à Narbonne le 27 juillet, où pas moins de 47 000 personnes assistent aux concerts des deux stars réunies. Le 10 juillet, Johnny a participé à un concert de soutien pour le football club de Thonon-les-Bains. L'ambiance est tendue : altercations avec le service d'ordre, un chauffeur blessé.

Le 17 septembre paraît déjà un nouvel album. "La terre promise" poursuit l'initiation américaine, cette fois dans un registre plus country que rock. Les chansons sont toutes adaptées en français par Michel Mallory. L'ambiance est parfois un peu balloche, les paroles faiblardes ("C'est bon" ne figurera pas au panthéon des grands textes), mais le disque est sauvé par une espèce de candeur plutôt touchante. En même temps sort le 45T du même nom.

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Le chanteur passe la majeure partie de l'automne dans les studios à Paris. Il met en boîte un projet qui lui est cher : "Hamlet Hallyday", qui lui avait été soufflé par son ami Gilles Thibault, mais sans cesse retardé par la maison de disques. Pas moins de 150 musiciens et choristes participent à l'enregistrement. Les sessions dureront jusqu'en février 1976.